The old man and the sea

E. Hemingway

Dans l’obscurité le vieux devinait l’aube. Il entendait en ramant les vibrations des poissons volants qui jaillissaient de l’eau, le sifflement de leurs ailes raides quand ils s’élançaient dans la nuit. Il aimait beaucoup les poissons volants ; c'était, pour ainsi dire, ses seuls amis sur l’océan. Les oiseaux lui faisaient pitié, les hirondelles de mer surtout, si délicates dans leur sombre plumage, qui volent et guettent sans trêve, et presque toujours en vain. Les oiseaux, ils ont la vie plus dure que nous autres, pensait-il, à part les pies voleuses et les gros rapaces. En voilà une idée de faire des petites bêtes mignonnes, fragiles, comme des hirondelles de mer, quand l’océan c'est tellement brutal ? C’est beau l’océan, c'est gentil, mais cela peut devenir brutal, bougrement brutal en un clin d’œil. Ces petits oiseaux- là qui, volent, qui plongent, qui chassent avec leurs petites voix tristes, c'est trop délicat pour l’océan.

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